Inclusion dans le réseau du sport canadien (IRSC) revient sur le succès de sa 4e conférence annuelle sur la diversité dans le sport (CDS 2026), qui s’est tenue du 1er au 3 mai 2026 à l’hôtel Hilton Mississauga Meadowvale.
Pendant trois jours, la CDS 2026 a réuni des leaders, des athlètes, des entraineurs, des chercheurs et des partenaires du changement de partout au Canada et d’ailleurs pour un dialogue constructif, un partage de connaissances et une réflexion collective sur l’avenir du sport. À mesure que la conférence prend de l’ampleur, son impact s’accroît également, créant un espace où les conversations constructives sont non seulement encouragées, mais indispensables.
Tout au long de la fin de semaine, le journaliste primé Arash Madani a animé la conférence avec clarté et conviction, élaborant un programme qui reflétait à la fois la complexité du système sportif et l’urgence du travail à accomplir.
Trois jours de dialogue, de réflexion et d’action
La conférence a débuté vendredi par des sessions qui ont immédiatement donné le ton : une ambiance propice à la réflexion et à la remise en question. La Dre Sabrina Razack et Tiffany Donaldson ont animé une discussion percutante s’inscrivant dans la controverse mondiale autour du joueur de soccer brésilien Vinícius Júnior, profitant de l’occasion pour examiner comment la joie et l’expression de soi des personnes noires dans le sport sont souvent présentées comme des provocations, tandis que le racisme lui-même est minimisé. Cette conversation a permis d’apporter un regard critique sur les questions raciales, les discours médiatiques et la responsabilisation dans le sport.
S’appuyant sur ces éléments, Victoria Wicks, de la Chambre de commerce queer du Canada, a animé une séance concrète et pratique mettant en lumière les lacunes systémiques du sport communautaire canadien, appelant les participants à aller au-delà de la simple sensibilisation pour s’engager vers une responsabilisation significative dans leur travail.
La soirée de vendredi a été consacrée au partage d’histoires et à la réflexion, avec pour point de départ une discussion informelle organisée par le camp des recrues RBC en présence de la pilote de bobsleigh olympique Cynthia Appiah. Modérée par Arash Madani, l’intervention d’Appiah lui a permis de partager son parcours marqué par la résilience et l’autodétermination, notamment sa décision de prendre en main son propre destin sportif en apprenant à piloter elle-même son bob. Son histoire a donné le ton à l’ensemble de la conférence. La soirée s’est terminée par la projection du documentaire Tigers Skate Club, mettant en lumière un mouvement populaire créant des espaces inclusifs pour les skateurs s’identifiant comme femmes et non binaires, suivie d’une réception de réseautage.
Le samedi a marqué la journée la plus immersive de la conférence, avec des ateliers parallèles et une programmation spécifique qui ont permis aux participants de s’impliquer pleinement sur toute une série de sujets. Des animateurs de l’ISCA et de Skateistan ont partagé des approches communautaires pour travailler avec les populations réfugiées et déplacées par le biais du sport, en mettant l’accent sur la confiance, la co-conception et l’expérience vécue. Le Dr Ryan Storr, de Proud2Play (Australie), a présenté une « feuille de route arc-en-ciel » étayée par des recherches visant à promouvoir l’inclusion des personnes LGBTIQA+ au sein des organisations, tandis qu’Archie Allison, de Variety Village, a proposé des outils pratiques pour créer des environnements accessibles à tous, quelles que soient les capacités de chacun, soulignant ainsi que tout le monde a sa place dans le sport.
Le volet des leaders émergents PANDC (LEP) a offert un espace parallèle dédié au développement personnel, au mentorat et au dialogue franc. Les sessions animées par le réseau CO-PLAY, Maame De-Heer, Dakota Whyte et la Dre Sabrina Razack ont exploré le leadership, l’identité et le développement professionnel dans le secteur du sport. Shauna Bookal, présidente-directrice générale d’IRSC s’est jointe à la cohorte LEP pour une séance de mentorat sincère, au cours de laquelle elle a partagé son point de vue sur le leadership à l’échelle nationale et encouragé les leaders émergents à assumer leurs rôles avec assurance.
Plus tard dans la journée, l’ensemble des participants de la conférence s’est réuni pour une séance plénière du Sport c’est pour la vie qui a combiné les pratiques issues des savoirs autochtones et celles axées sur les nouveaux arrivants, soulignant ainsi que les discussions sur l’équité, la diversité et l’inclusion sont indissociables de l’expérience humaine dans son ensemble. Le SAIL Lab de l’Université Brock a clôturé la journée en présentant le cadre READII (Représentation, Équité, Accessibilité, Diversité, Inclusion et Intégration), un outil pratique permettant d’examiner les biais et de favoriser des environnements sportifs plus inclusifs.
La soirée du samedi s’est achevée par l’évènement phare de la CDS, le réseautage rapide, au cours duquel les participants ont pu nouer des liens à travers différents secteurs dans un cadre dynamique et captivant, prolongeant ainsi l’énergie de la journée pour forger de nouvelles relations fructueuses.
Le programme du dimanche s’est inscrit dans la continuité de cette dynamique. Zechariah Thomas, fondateur de Swift Hockey, a prononcé un discours qui a profondément marqué les participants, en partageant un récit sans filtre sur la création d’une marque nationale sans recourir aux parcours ou aux ressources traditionnels. Son message a encouragé les participants à agir avec détermination, à assumer leur identité et à créer leurs propres opportunités plutôt que de les attendre.
La conférence a également abordé des questions importantes liées au sport sécuritaire. Lindsay Lobb, du Centre canadien de protection de l’enfance, a animé une session importante sur la diffusion non consentie d’images intimes touchant les athlètes, offrant aux participants des outils et des ressources pratiques pour mieux protéger et soutenir les personnes au sein de leurs communautés.
La CDS 2026 s’est conclue par la cérémonie annuelle de remise des prix, qui a rendu hommage aux leaders et aux organisations à l’origine de changements significatifs dans le secteur du sport. Le lunch de clôture et les derniers moments de réseautage ont offert un espace de réflexion, de connexion et un engagement commun à poursuivre le travail au-delà de la conférence.
Un mouvement au-delà de la conférence
Si CDS 2026 a marqué la fin d’un rassemblement de trois jours, cet évènement a renforcé un mouvement plus large et durable.
« Cette conférence continue de montrer ce qu’il est possible de réaliser lorsque nous créons des espaces propices au dialogue franc, à l’apprentissage partagé et à l’action collective », a déclaré Shauna Bookal, présidente-directrice générale d’IRSC. « La CDS n’est pas seulement un évènement : elle s’inscrit dans un effort plus vaste visant à transformer le sport au Canada en un système où chacun peut véritablement trouver sa place. »
Les discussions et les réflexions issues de la CDS 2026 font écho aux recommandations formulées dans le rapport final de la Commission sur l’avenir du sport au Canada, qui souligne la nécessité d’efforts soutenus et coordonnés pour s’attaquer aux obstacles systémiques dans le sport. La CDS continue de servir de plateforme où ces discussions prennent vie, grâce aux personnes, à la pratique et à la communauté.
Perspectives d’avenir
IRSC reste déterminé à poursuivre ce travail à travers ses programmes et ses partenariats, notamment la Conférence sur la diversité dans le sport, la Journée des leaders noirs dans le sport et le programme des leaders émergents PANDC. Alors que la dynamique continue de s’amplifier, l’objectif reste de traduire le dialogue en actions concrètes et de veiller à ce que l’impact de la CDS s’étende bien au-delà de la salle de conférence.